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Tout commence en octobre 1909

L'hôpital psychiatrique de Rouffach est officiellement inauguré. C'est la loi du 30 juin 1838 qui impulse la nécessité de construire dans le Haut-Rhin un hôpital-asile destiné à recevoir et soigner des malades mentaux. Devant le surpeuplement des hôpitaux psychiatriques de Stephansfeld et de Hoerdt avec lesquels le département avait signé des conventions de collaboration, le conseil général décide la construction d'un établissement sur son territoire. Rouffach, devançant Colmar, est choisi.

La construction de l'hôpital débute en 1906 et découle de la détermination du conseiller général de l'époque, Xavier OSTERMEYER, qui espère ainsi relancer l'économie de la ville.

L'hôpital a alors l'allure d'un asile-village de type pavillonnaire, destiné à accueillir 700 malades dans les 43 bâtiments qui le constituent. Mais l'efficacité de cette configuration vient de son organisation réalisée autour d'un axe central : bâtiment administratif, service de soins somatiques et lieu de culte. De part et d'autre de cette ligne, dans une symétrie parfaite, les bâtiments des hommes et ceux des femmes se répondent deux à deux et se voient répartis selon les différents types de pathologies.

Aujourd'hui, l'établissement occupe une place importante au cœur du département par les emplois qu'il génère et par le dynamisme qu'il impulse ; il remplit avec conviction son rôle sanitaire, économique, social et scientifique.

1906 - 1913

La construction du nouvel hôpital débute en 1906 sous la conduite de l’architecte allemand Hermann Graf, maître d’œuvre inspiré de cet ambitieux projet.
L’hôpital psychiatrique de Rouffach est officiellement inauguré le 23 octobre 1909. L’asile présente un arrangement de style pavillonnaire comprenant 43 bâtiments : 20 pavillons d’hospitalisation, 16 bâtiments administratifs et d’exploitation, 7 maisons d’habitation et 5 kilomètres de route. Les différents pavillons sont organisés autour d’un axe central. Au nord, les services des femmes et les bâtiments économiques où sont principalement occupées les malades femmes. Au sud vers la ferme, les services des hommes qui trouvent de l’occupation dans l’exploitation agricole.  Dans l’axe central qui s’étend du bâtiment administratif à l’église est située l’entrée principale avec la cour d’honneur flanquée des bâtiments administratifs et de services, ainsi que la salle des fêtes.

1914 - 1918

La guerre bouleverse la vie de l’asile. L’Alsace, à cette époque annexée par l’Allemagne, lui paye un lourd tribut. L’effectif soignant est fortement réduit du fait des nombreuses incorporations dans l’armée allemande. La plupart des patients seront transférés dans divers hôpitaux allemands, seuls 200 malades restent sur place pour assurer le travail des services généraux. Une partie des pavillons est réquisitionnée à des fins militaires, et quantité de matériaux sont prélevés sur les bâtiments.

1919 -1939

L’entre-deux guerres : la période asilaire.
L’asile passe de l’administration allemande à l’administration française. Des malades transférés en Allemagne durant la guerre, beaucoup sont morts  de malnutrition ou de la grippe espagnole. A partir de 1919, le rapatriement des patients se fait petit à petit  et l’asile accueille sans cesse de nouveaux patients. En 1927, l’asile prend en charge plus de 1100 patients, les pavillons sont encombrés et les possibilités d’accueil arrivent à saturation. Leur nombre continuera à augmenter au fil des ans pour atteindre plus de 1600 malades en 1939.

1939 - 1945

Dès 1939, les patients ainsi qu’une bonne partie des soignants sont évacués à l’intérieur de la France. Une deuxième vague d’évacuation se fait en 1940 vers les établissements psychiatriques du Bas-Rhin : Hoerdt et Stephansfeld. Nombreux seront les patients qui ne reviendront pas, victimes de l’extermination systématique des malades mentaux par les nazis.
L’hôpital est réquisitionné par les nazis en 1940 et transformé en école  et en institut de formation de cadres nazis jusqu’en 1944. L’hôpital est libéré avec la ville de Rouffach le 5 février 1945. Le général de Lattre de Tassigny y crée alors une école des cadres pour l’armée française. Ce n’est que petit à petit que l’hôpital retrouve son fonctionnement et sa raison d’être : accueillir et soigner les personnes atteintes de maladie mentale.

 

 

1945 - 1971

Cette période marque la transition entre la fin de la période asilaire et la mise en place de la sectorisation. Les traitements n’évoluent que très lentement (électrochocs, cures de sommeil, insulinothérapie) jusqu’à l’apparition des premiers neuroleptiques dans les années 1950.
A partir de 1956, sous l’impulsion du Dr Jean Perrin, de nombreuses innovations voient le jour, qui bousculent les habitudes et changent les méthodes de travail.
L’ergothérapie constitue le remède souverain. L’établissement la développe fortement et lui consacre dès 1961 plusieurs pavillons, les pavillons 17. L’ouverture des pavillons se fait progressivement, et la ligne rouge, passant au centre de l’asile et séparant les malades des deux sexes disparaît au début des années 1970 pour laisser place à la mixité. Les sorties des patients à l’extérieur, accompagnés de soignants, deviennent possibles. L’asile devient « Centre hospitalier spécialisé ».
L’hôpital, jusque-là centré, voire replié sur lui-même, s’ouvre sur le monde environnant.

1971 à nos jours

La sectorisation, politique moderne en matière de santé mentale, a été définie en 1960 et sa mise en place s’est faite progressivement à partir des années 1970 (loi du 31 décembre 1970 portant sur la réforme hospitalière puis loi du 31 décembre 1985 relative à la sectorisation psychiatrique). Reposant sur un découpage géo-démographique, la sectorisation a pour principes fondamentaux :

 

 

Sous la direction de François Courtot depuis 2015, le centre hospitalier de Rouffach a le souci d’une gestion d’ouverture dynamique, tournée vers le social et les techniques modernes, avec pour objectif essentiel le mieux être des patients.